Les métiers du luxe qui recrutent vraiment aujourd’hui

Le calendrier bousculé de cette année n’a pas empêché la mécanique bien huilée des transactions de reprendre son cours. Le 1er juillet marque officieusement le lancement de la grande valse des échanges entre équipes. Les rumeurs vont circuler à toute allure et, quoi qu’il arrive, les Cubs veilleront à ne pas franchir la ligne rouge du plafond de la taxe de luxe. Cette contrainte invisible fixe la barre à ne pas dépasser pour la valeur annuelle moyenne (AAV) des joueurs potentiels à recruter.

À ce stade, cette marge s’élève à 23 millions de dollars. Mais la donne change rapidement : à l’approche de la date limite des transferts, le seuil grimpe à 32,7 millions.

La taxe de luxe, connue officiellement sous le nom de taxe sur l’équilibre concurrentiel (CBT), s’impose à toute franchise qui laisse sa masse salariale franchir une certaine limite. Le jour de la reprise, les Cubs restaient à 11,3 millions de dollars sous le plafond établi à 197 millions cette saison. Pour autant, la chasse aux renforts n’est pas réservée aux joueurs dont le salaire est inférieur à 11 millions. Deux variables entrent en jeu : l’AAV du contrat et le nombre de matchs restant à jouer à la date de l’échange.

Pour le calcul de cette taxe, seule l’AAV compte, pas le versement réel pour l’année. Illustration concrète : Drew Smyly a signé deux ans, avec 3 millions pour 2018 et 7 millions pour 2019, soit un AAV de 5 millions. Résultat, il pèse 5 millions par saison dans la balance fiscale, même si les sommes reçues varient d’une année à l’autre. La règle s’applique à tous les joueurs acquis par transfert.

Autre subtilité à retenir : plus la saison avance, plus l’impact fiscal d’un nouvel arrivant diminue, puisque les salaires sont payés au prorata des matchs. Lorsqu’un joueur rejoint une nouvelle équipe, son AAV est réparti en fonction du nombre de rencontres disputées sous chaque maillot. Par exemple, au 2 juillet, les Cubs ont déjà joué 82 parties, soit la moitié de la saison. Résultat : moins de 50 % de l’AAV d’un joueur transféré viendrait s’ajouter au plafond pour 2018. Le reste reste à la charge de l’équipe d’origine.

Concrètement, la marge de 11,3 millions de dollars permet d’envisager l’acquisition de joueurs dont le salaire combiné peut atteindre 23 millions. À chaque match, la part à assumer diminue, offrant une flexibilité croissante sous la barre de la taxe de luxe. À l’approche de la clôture des transferts, la marge de manœuvre atteint même 32,7 millions sans que le plafond ne soit dépassé.

Avant d’imaginer le prochain coup de théâtre chez les Cubs, mieux vaut garder ces chiffres à l’esprit.

Et justement, quand il s’agit de transactions, les Daydream Cubs n’en manquent pas…

Bonus, Daydream Cubs : 1989

Transportons-nous dans un scénario parallèle : Moshe prend la tête des Cubs en 1981 et façonne la franchise à son image. Les Daydream Cubs prennent vie. Pour découvrir l’aventure de 1988, c’est ici, ou retrouvez tous les brouillons et les listes à ce jour.

Petit rappel : selon la règle 4 de ce jeu de l’esprit, les échanges sont interdits. Mais si la porte s’ouvrait, Robin Ventura serait la cible idéale en 1989. Sélectionné au premier tour en 1988 (et donc non disponible selon la règle 7), Ventura aurait tout du successeur parfait pour la troisième base, même si Terry Pendleton a encore de beaux jours devant lui.

Les Daydream Cubs disposent d’un trio d’envergure pour séduire les White Sox : Mark Grace, Albert Belle et Marquis Grissom. Finalement, la version 1989 de cette équipe rêvée reste un rouleau compresseur.

Il faut cependant tourner la page Frank Viola, tout premier choix du repêchage, et lui préférer Randy Johnson. Ce mouvement permet de maintenir la masse salariale dans les clous. Avec trois futurs membres du Hall of Fame dans la rotation, la puissance s’annonce redoutable. Pourtant, Brett Saberhagen, sans la reconnaissance du Hall, s’impose comme la véritable révélation de cette saison. Kenny Rogers, lui, patiente encore sur le banc, prêt à intégrer la rotation d’ici peu.

Pour éclairer ce casting 1989, voici les principales sélections réalisées, accompagnées de leurs distinctions :

  • Tour 1 : John Olerud (3), 1B : AS (x2), GG (x3)
  • Tour 2 : Tim Salmon (3), RF : Roy
  • Tour 3 : Jeff Bagwell (4), 1B : HoF
  • Manche 4 : Trevor Hoffman (11), RP : HoF
  • Manche 5 : Jim Thome (13), 1B : HoF
  • Tour 6 : Mark Grudzielanek (17), SS : AS (x1), GG (x1)
  • Tour 7 : Jeff Kent (20), 2B : AS (x5), MVP (x1)

Cette cuvée 1989 s’avère d’une richesse rare : six futurs titulaires, trois Hall of Famers dénichés dans les tours avancés. C’est aussi l’une des rares années à offrir autant de joueurs de champ intérieur, denrée précieuse pour les Daydream Cubs.

Face à cette densité de talents et de projections, il suffit parfois d’un échange hypothétique pour réinventer toute une saison.

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